Vers une recomposition stratégique de l’Europe
Une transformation durable porteuse d’opportunités potentielles.
Depuis 2020, l’Europe traverse une succession de chocs majeurs qui ont profondément remis en question son modèle économique. La crise sanitaire, les tensions géopolitiques, les ruptures d’approvisionnement et la fragmentation croissante du commerce mondial ont progressivement mis en lumière une réalité structurelle : le continent ne contrôle plus pleinement ses dépendances stratégiques.

La pandémie de COVID-19 a constitué le premier révélateur. Elle a exposé la forte dépendance de l’Europe à des chaînes d’approvisionnement globalisées, notamment dans des secteurs critiques comme la santé, les composants industriels ou les produits intermédiaires. Cette prise de conscience s’est renforcée en 2022 avec la guerre en Ukraine, qui a mis en évidence une vulnérabilité énergétique majeure, en particulier vis-à-vis du gaz russe, ainsi qu’un retour du risque militaire sur le continent.
Depuis, le contexte international a évolué vers une logique de rivalité économique accrue. Les grandes puissances déploient des politiques industrielles offensives, à l’image des États-Unis avec des programmes massifs de soutien à l’industrie et à la technologie. Dans le même temps, le commerce mondial se fragmente et les logiques de souveraineté prennent le pas sur l’optimisation économique. L’Europe fait ainsi face à un risque réel de décrochage industriel et technologique.
Les tensions récentes au Moyen-Orient ont ajouté une dimension supplémentaire à cette instabilité, en rappelant la vulnérabilité persistante de l’Europe en matière d’approvisionnement énergétique, notamment via des points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz.
Au-delà de leur diversité, ces crises traduisent un changement de régime profond : les dépendances économiques sont désormais devenues des leviers de puissance et des outils de pression géopolitique.
Des dépendances structurelles sur des secteurs clés
Le constat est aujourd’hui sans ambiguïté : l’Europe présente des niveaux de dépendance élevés sur plusieurs segments stratégiques.
Dans la défense, 56 % des achats d’armement des pays de l’Union européenne sont réalisés hors de l’UE, ce qui traduit une dépendance directe à des fournisseurs extérieurs pour des besoins de sécurité pourtant essentiels.
Dans le numérique, plus de 70 % des données des entreprises européennes sont hébergées sur des infrastructures extra-européennes, révélant une perte de contrôle sur des actifs technologiques critiques.
Sur le plan énergétique, le taux de dépendance énergétique de l’Europe s’élevait à 58 % en 2023, toutes énergies confondues, exposant directement l’économie européenne aux chocs extérieurs.
Dans la santé, plus de 60 % des principaux actifs pharmaceutiques sont produits en Inde ou en Chine, ce qui souligne la vulnérabilité persistante du continent sur des maillons clés de la chaîne de valeur.
Enfin, la dépendance est encore plus marquée sur certaines ressources critiques : 98 % de l’approvisionnement en terres rares provient de Chine, alors même que ces matériaux sont indispensables aux industries de la transition énergétique, de l’électronique et des technologies avancées.
Ces dépendances ne sont ni marginales ni conjoncturelles : elles sont structurelles et nécessitent des transformations profondes pour être réduites.
Une réponse européenne d’ampleur inédite
Face à ces constats, l’Europe a engagé une réponse coordonnée, à la fois politique, industrielle et financière, visant à renforcer son autonomie stratégique.
Cette dynamique repose sur plusieurs axes structurants.
D’une part, le renforcement des capacités technologiques, avec des investissements dans les semi-conducteurs, le cloud, la cybersécurité et les infrastructures numériques critiques.
D’autre part, une accélération de la réindustrialisation et de la transition énergétique, soutenue par des plans d’investissement massifs visant à relocaliser certaines productions et sécuriser les chaînes de valeur.
Enfin, un effort significatif dans le domaine de la défense, avec une hausse structurelle des budgets et une volonté affirmée de renforcer les capacités industrielles européennes.
Au total, ce sont plusieurs centaines de milliards d’euros qui sont mobilisés pour accompagner cette transformation, dans une logique de long terme.
Six thématiques au cœur des transformations européennes
Cette recomposition stratégique se traduit concrètement par plusieurs axes d’investissement majeurs, qui structurent aujourd’hui les dynamiques économiques du continent.
- L’autonomie industrielle s’appuie sur la réindustrialisation, l’automatisation et le renforcement des capacités de production.
- La souveraineté technologique couvre les infrastructures numériques, les semi-conducteurs, la cybersécurité et les technologies critiques.
- L’indépendance énergétique repose sur le développement des capacités de production, des réseaux et des solutions de stockage.
- La défense, l’aéronautique et le spatial constituent un pilier central dans un environnement géopolitique plus incertain.
- Les ressources critiques regroupent les matières premières, la chimie, la santé et les chaînes d’approvisionnement essentielles.
- Enfin, les actifs stratégiques et le financement permettent d’accompagner dans la durée les besoins d’investissement du continent.
APICIL Asset Management a fait évoluer le fonds souveraineté européenne pour s’exposer aux 6 thématiques de souveraineté identifiées, permettant de couvrir de manière cohérente l’ensemble des chaînes de valeur stratégiques européennes, en sélectionnant des entreprises de qualité selon l’analyse des gérants. L’objectif est de rechercher le potentiel de valorisation sur ces titres mais en contrepartie, le fonds présente un risque de perte en capital.

« La souveraineté européenne n’est pas un concept abstrait : elle se traduit dans des besoins d’investissement très tangibles en matière d’industrie, d’énergie, de technologies critiques ou d’infrastructures. C’est ce qui nous amène à nous positionner sur des entreprises comme Schneider Electric, Air Liquide, SAP ou Indra, qui jouent un rôle direct dans la résilience et l’autonomie du continent. Rôle direct dans la résilience et l’autonomie du continent, selon notre analyse » Grégoire LAVERNE (APICIL Asset Management)
« La souveraineté européenne ouvre aussi un champ d’opportunités très riche au sein des small et mid caps, souvent moins visibles mais très bien positionnées sur des maillons critiques. Exail dans les technologies de pointe, Veidekke dans les infrastructures, Rotork dans les équipements industriels ou Arcadis dans l’ingénierie en sont de bons exemples. C’est là que l’on trouve souvent des entreprises très spécialisées, avec un rôle concret dans les transformations en cours en Europe. » Meriem MOKDAD (APICIL Asset Management)
Une transformation durable porteuse d’opportunités
Au-delà des enjeux politiques et économiques, cette dynamique s’inscrit dans un cycle d’investissement profond et durable. Elle redéfinit progressivement les priorités industrielles et technologiques de l’Europe, tout en créant de nouvelles opportunités pour les entreprises positionnées au cœur de ces chaînes de valeur stratégiques.
Dans ce contexte, la souveraineté européenne ne constitue plus seulement un enjeu politique : elle devient un moteur structurant de transformation économique et d’investissement à long terme.

*portefeuille du fonds au 24/03/2026 et qui est susceptible d’évoluer dans le temps selon les analyses et anticipations des gérants.
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Publié le 26/05/2026 – ER26/FCR0199 – AM26/FCR0045
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