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se façonnent dans l'exigence

Le monde obligataire décrypté

En théorie, le "spread" (ou écart) de taux correspond à la différence entre le taux de rendement actuariel d'une obligation donnée et le taux de rendement actuariel d'une obligation zéro-coupon ayant des caractéristiques similaires. L'écart est mesuré en points de base : un écart de 3 % est donc renseigné comme un spread de 300 points de base.

Extrait de notre magazine d'informations Stratégies & Placements n°53. Septembre 2016.

Les fondamentaux

Qu'est-ce qu'un spread de taux ?

De manière pratique, on utilise généralement à la place de l’obligation zéro coupon une obligation d’État de référence, considérée comme sans risque. Les obligations européennes sont souvent comparées au Bund, une obligation émise par l’État allemand. Si une obligation italienne offre un rendement de 5 % alors qu’un Bund ayant la même échéance n’offre qu’un rendement de 1 %, on dira ainsi que le spread entre ces deux obligations est de 400 points de base.

On parle d’un « resserrement » des spreads lorsque les écarts de taux diminuent et d’un « élargissement » lorsqu’ils augmentent. Les différences de taux sont influencées par l’appétit des investisseurs pour telle ou telle obligation : par exemple, les investisseurs demandent généralement un plus grand rendement sur une obligation d’entreprises (corporate) que sur une obligation d’État, indiquant ainsi qu’ils souhaitent compenser le risque accru qu’ils pensent prendre sur le titre corporate par un rendement plus élevé.

Le graphique ci-après illustre l’écart (le spread) entre le rendement d’une obligation EDF (coupon annuel de 4,5 %) et une obligation de l’État allemand de même échéance (20 ans). On constate que ce spread fluctue en fonction des évènements économiques européens : pendant la crise de la dette en Europe (été 2011), le spread s’est élargi avant de se resserrer fortement après le discours rassurant de Mario DRAGHI en juillet 2012. Il s’est à nouveau élargi en juillet 2015 consécutivement aux inquiétudes sur la croissance chinoise, avant d’atteindre des sommets début 2016, lorsque la baisse du pétrole a exacerbé une importante aversion au risque des investisseurs.

Cliquez ci-après pour visualiser le graphique :

Un grand nombre de facteurs différents peuvent également influencer les spreads de taux : la situation économique locale ou mondiale, l’appétit des investisseurs, ou les caractéristiques propres à l’émetteur (capacité à tenir ses engagements financiers, vitalité du secteur,…).

Le travail d’un gérant obligataire consiste ainsi à anticiper ces différents critères pour sélectionner au sein de son portefeuille les obligations les plus prometteuses.

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