Les plus beaux patrimoines
se façonnent dans l'exigence

Le monde obligataire décrypté

Extrait de notre magazine d'informations Stratégies & Placements n°53. Septembre 2016.

Les fondamentaux

Qu'est-ce qu'un spread de taux ?

Que se passe-t-il aujourd'hui ?

Comprendre la politique de la BCE

Qu'est-ce que le Quantitative Easing ?

Début janvier 2015, la BCE a décidé de pratiquer le Quantitative Easing (QE), ou assouplissement quantitatif – un levier dit « non conventionnel » des banques centrales, déjà utilisé depuis quelques années par la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterrre ou la Banque du Japon. Le principe est, schématiquement, le même que la « planche à billets », puisqu’il s’agit d’injecter artificiellement des liquidités dans l’économie. En pratique, la banque centrale rachète massivement des titres de dettes publiques, voire aussi privées, ce qui a pour effet d’augmenter les liquidités disponibles pour les banques. Couplée aux taux bas, cette opération doit favoriser les capacités de financement des entreprises, ainsi que l’accès aux emprunts par les particuliers.

La BCE a entamé en janvier 2015 ses rachats pour un montant de 60 milliards d’euros par mois, et a accéléré le processus en passant à 80 milliards d’euros par mois depuis mars 2016 et jusqu’en mars 2017. Au total, la BCE devrait avoir à cette échéance injecté plus de 1 700 milliards d’euros sur les marchés obligataires. Par ailleurs, elle a commencé en juin 2016 les rachats de dettes « corporate », c’est-à-dire des obligations de grandes entreprises bénéficiant des meilleures notations financières.

Pourquoi la BCE a-t-elle été amenée à baisser ses taux directeurs ?

La BCE a commencé à baisser ses taux directeurs dès le tout début de la crise financière, en 2008. Depuis, exceptés deux épisodes haussiers en 2011 dus à une crainte de l’inflation, la BCE n’a cessé de les revoir à la baisse. En mars 2016, la BCE a de nouveau abaissé ses taux. Les banques bénéficient désormais d’un taux de refinancement au jour le jour à 0 %, ce qui signifie qu’elles peuvent emprunter gratuitement à la BCE. A contrario, elles doivent payer si elles laissent dormir leurs liquidités auprès de l’institution : les taux de dépôt au jour le jour, passés en territoire négatif en 2014, ont encore été abaissés à - 0,4 % en mars 2016.

L’objectif est d’inciter les banques à accorder massivement des crédits aux entreprises comme aux particuliers, afin de relancer l’économie réelle.

Quels sont les objectifs affichés avec cette politique ?

Cette politique inédite en zone euro est censée répondre à une situation économique très particulière : croissance en berne, risques déflationnistes et crise de la dette. La BCE cherche à éviter à tout prix le phénomène déflationniste, qui, couplé à une croissance économique nulle ou presque, est une situation dont il est très difficile de sortir (un phénomène que le Japon subit depuis des années). L’objectif est de retrouver une inflation autour de 2 %. Par ailleurs, l’injection d’argent dans les rouages a pour objectif de stimuler l’économie en permettant aux entreprises d’investir et aux particuliers de s’endetter pour consommer.