Les secteurs de l’hôtellerie et de l’immobilier français partent gagnants

Coupe du monde de rugby 2023, JO 2024

La France va accueillir successivement la coupe du monde de rugby en 2023 et les jeux olympiques et paralympiques en 2024. Quel bilan les villes organisatrices tirent-elles de ces grands événements sportifs ? Dérapages budgétaires obligent, les retombées économiques font parfois débat. D’aucuns estiment qu’en moyenne le budget réel d’accueil des JO est même deux à trois fois supérieur au budget prévisionnel. Certes, mais, au-delà des polémiques, le grand gagnant demeure le secteur du tourisme. À court comme à long terme, les opportunités liées à l’organisation de ces manifestations sportives sont tangibles : valorisation des biens, boom locatif, investissements hôteliers, innovations et développement des infrastructures, etc.

Un nombre de touriste en augmentation

Les dernières études de l’Insee l’attestent : la fréquentation touristique de la France est bel et bien repartie à la hausse. Dopée par les grands événements sportifs mondiaux, cette trajectoire devrait se poursuivre dans les prochaines années. Ainsi, pour les seuls J0 2024, entre 15 et 20 millions de touristes étrangers supplémentaires sont attendus en France. Ils devraient être plus de 118 millions en 2028, quand près de 90 millions de touristes ont visités la France en 2018.

En vue des grands événement sportifs mondiaux à venir, la France doit renforcer son offre d'hotelerie

Pour l’heure, la France ne dispose pas des capacités d’hébergement suffisantes pour faire face à la hausse constante de visiteurs et aux pics de fréquentation attendus. La preuve dans les faits : déjà, lors de l’Euro 2016 en France, les taux d’occupation des hôtels ont pu atteindre jusqu’à 100 % dans certaines villes, alors même que ce n’était qu’un événement européen, qui a accueilli « seulement » 1,2 million de visiteurs cumulés sur l’ensemble de la compétition, dont 70 % de Français et 30 % de ressortissants étrangers.

Rien qu’en Île-de-France, plus de 30 000 nouvelles chambres d’hôtel seront nécessaires d’ici à 2025 pour que la France soit à la hauteur de ses ambitions. Par ailleurs, nombreux sont les domaines à investir pour assurer la rénovation et la mise aux normes du parc hôtelier actuel, sur l’ensemble du territoire. Dans les régions, c’est au moins 10 % du parc hôtelier qui doit être rénové pour pouvoir maintenir la capacité d’accueil.

Rien qu’en Île-de-France, plus de 30 000 nouvelles chambres d’hôtel seront nécessaires d’ici à 2025 pour que la France soit à la hauteur de ses ambitions. Par ailleurs, nombreux sont les domaines à investir pour assurer la rénovation et la mise aux normes du parc hôtelier actuel, sur l’ensemble du territoire. Dans les régions, c’est au moins 10 % du parc hôtelier qui doit être rénové pour pouvoir maintenir la capacité d’accueil.

De vastes chantiers en prévision, créant de belles opportunités. D’autant que les effets positifs de tels événements sportifs s’inscrivent dans la durée. Les Jeux olympiques de Barcelone de 1992 en sont un bel exemple. Entre 1990 et 1997, la ville catalane a compté une augmentation de 40 % de sa capacité hôtelière et de 65 % de ses visiteurs, avec, sur la période, un taux d’occupation qui est passé de 70 à 77 %.

Une augmentation des prix de l'hotelerie à prévoir

Outre la question de la capacité d’accueil, celle des tarifs s’impose rapidement, tant ils sont impactés par l’organisation de ces grands événements sportifs. Exemple à Londres : dès l’annonce des JO 2012, une augmentation du revenu par chambre disponible (RevPAR, Revenue per Available Room) sur le marché hôtelier a été constatée dans l’ensemble du pays. Et la tendance s’est poursuivie largement après les Jeux.

Même constat plus récemment en Russie, à l’occasion du Mondial 2018, les Français ont en moyenne dépensé 116 % de plus que le prix habituel pour se loger dans l’une des villes du Mondial 2018.1 « Avec un prix moyen de 797 euros par nuit, Saransk est devenu la ville la plus chère de la Coupe du monde », précise cette étude. Un afflux de visiteurs qui, face à la pénurie d’hôtels, profite aux propriétaires de location saisonnière et aux plateformes tel Airbnb.

D’ailleurs, en France, Airbnb estime à 55 000 le nombre de places d’hébergement qui manqueront pour accueillir l’ensemble des visiteurs au moment des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Reste à savoir quelle sera la position du gouvernement et l’impact de la réforme du droit immobilier en cours avec la loi Elan. Tous se souviennent de l’interdiction faite aux Londoniens de louer leur domicile lors des JO. La bataille entre l’hôtellerie traditionnelle et les plateformes de logements partagés ou de locations saisonnières ne fait que commencer.

Un enjeu immobilier de taille

Outre l’hôtellerie, c’est le secteur immobilier au sens large qui est concerné. « Le Mondial 2018 a fait flamber les prix de l’immobilier en Russie », affirme ainsi le journal d’affaires en ligne Business.online. Tendance de fond ou pur effet spéculatif ? En tout état de cause, la transformation des paysages urbains, l’attractivité grandissante, le besoin crucial de capacités d’accueil et les investissements réalisés à l’occasion de ces événements sportifs valorisent le secteur.

En France, de nombreux analystes s’attendent à ce que le quartier Pleyel, à Saint-Denis, bénéficie de l’effet cumulatif des Jeux olympiques et du renouveau urbain. De fait, le village olympique de Paris 2024 devra pouvoir héberger les 17 000 athlètes présents. S’ajoute à cette dynamique le projet du Grand Paris, le plus important projet urbain en Europe à l’horizon 2030. Et Pleyel sera un nœud stratégique du futur réseau de transport. La construction du Grand Paris Express permettra en effet aux voyageurs de se déplacer dans toute l’Île-de-France sans passer par la capitale. Deux cents kilomètres de lignes de métro supplémentaires et quatre nouvelles lignes automatiques seront construites. Pas moins de 68 nouvelles gares verront le jour, avec tout ce que cela drainera d’activité et de travaux supplémentaires, notamment la construction de bureaux et de logements.

Un peu partout, les promoteurs s’affairent déjà à implanter leurs programmes autour des futures gares. Près de 70 000 logements devraient ainsi être construits. Si le calendrier de mise en service des rames n’est pas encore totalement arrêté, les acheteurs entrevoient déjà les opportunités que représentent ces nouveaux quartiers…

Résultat, plus les dates de mise en service sont proches, plus la pression se fait sentir sur les prix. Le spécialiste de l’immobilier en ligne MeilleursAgents analyse ainsi qu’en 2017 la hausse moyenne s’est élevée à 3,7 % dans les villes qui accueilleront la ligne 14 dès 2020 et à 3,2 % dans les agglomérations qui attendent la ligne 15 sud à l’horizon 2024. Des évolutions légèrement supérieures à la moyenne observée sur l’ensemble de l’Île-de-France (+2,6 % en 2017, hors Paris). Et ce n’est pas tout : le Grand Paris Express, estimé à 35 milliards d’euros (Société du Grand Paris, 2018) et identifié comme le principal levier du projet du Grand Paris, devrait accroître globalement l’attractivité et la compétitivité de la région. Une réelle opportunité aussi pour le marché hôtelier.

Les régions ne sont pas en reste. Tout comme pour l’Euro 2016, neuf villes ont été retenues pour accueillir la Coupe du monde de rugby 2023. Outre Saint-Denis, ce sont ainsi les villes de Bordeaux, Villeneuve-d’Asq, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Saint-Étienne et Toulouse qui vivront au rythme des essais et accueilleront les délégations du monde entier. Y compris les camps de base des équipes et les supporters.

Quels sont les impacts des jeux olympique de Paris et de la coupe du monde de rugby 2023 ?

445 000 supporters étrangers attendus entre septembre et octobre 20232

Entre 15 et 20 millions de touristes étrangers supplémentaires attendus en France.3

+ 120 nuits par an; c’est le nombre maximal de nuités de location autorisées par an pour les particuliers via des plateformes type Airbnb.

2,4 milliards d’euros; c’est l’impact estimé de la Coupe du monde de rugby 2023.4

Sources :
(1) Likibu.com (L’évolution du prix des logements en Russie);
(2) FFR, juin 2018;
(3) Confédération des acteurs du tourisme, juin 2018;
(4) Étude « ex ante » Deloitte).

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