Mieux comprendre le label ISR en trois points

Créé en 2016, le label ISR est parvenu à poser un socle minimum de bonnes pratiques en matière de gestion environnementale, sociale et de gouvernance. Mais il reste encore du chemin à parcourir afin de le rendre plus visible et attractif.

Les enjeux de l’investissement socialement responsable (ISR)

Améliorer la qualité de l’investissement responsable et surtout le rendre plus séduisant aux yeux des épargnants. C’est à cette fin et en vue de financer au mieux les acteurs de l’économie solidaire, inclusive et bas carbone, que le gouvernement Hollande a lancé, le 10 janvier 2016, le label de l’investissement socialement responsable (ISR). Un moyen d’assurer la transparence de cette gestion qui allie performance économique et critères exigeants en matière environnementale, sociale et de gouvernance (ESG).

Pour obtenir ce label, les sociétés de gestion doivent obligatoirement s’adresser à un organisme certificateur, homologué par le Comité français d’accréditation (Cofrac). Après analyse de la conformité des produits financiers avec le référentiel défini par le ministère des Finances, le sésame est attribué pour une durée de trois ans. Une période durant laquelle des audits de suivi de la certification sont effectués.

 

L’encours des fonds labellisés atteint plus de 35 milliards d’euros

Les sociétés de gestion sont obligées d’adopter une méthode stricte et des moyens importants d’analyse, et surtout de prendre en compte les résultats dans la construction de leurs portefeuilles. Car le label est très exigeant, en particulier en matière de mesures d’impact : les fonds ISR doivent en effet publier des indicateurs sur leur impact sur l’environnement, le social, la gouvernance et les droits de l’homme, si bien que les stratégies et les performances des entreprises s’en ressentent de manière positive. En adoptant cette approche innovante, elles contribuent à améliorer leur rentabilité sur le long terme grâce à une meilleure anticipation des risques.

Aujourd’hui, on compte 147 fonds labellisés de 28 sociétés de gestion. Certains sont thématiques. Par exemple, un fonds labellisé spécialisé dans l’environnement aura un impact direct sur la gestion de l’eau, des énergies renouvelables ou la lutte contre le réchauffement climatique. Il existe également des ETF (Exchanged Traded Funds), qui sélectionnent les entreprises en fonction de critères environnementaux et sociaux.Au total, au 29 juin 2018, l’encours des fonds labellisés atteint plus de 35 milliards d’euros. Une belle croissance depuis 2016, même si celle-ci reste encore essentiellement portée par les institutionnels (caisses de retraite, fonds souverains, etc.).

 

Les épargnants privés au coeur du label ISR

Les épargnants privés – qui constituaient l’une des cibles du gouvernement lorsqu’il a lancé le label –, bien qu’ils investissent de plus en plus dans l’ISR, pourraient le faire encore bien davantage. D’après une étude Ipsos réalisée en automne dernier pour le Forum pour l’investissement responsable (FIR), un organisme qui promeut le label aux côtés de l’AFG (Association française de la gestion financière), 48% des Français accorderaient de l’importance aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placement. La tendance promet d’ailleurs de s’accentuer au fil des années. Or, en 2017, 3% d’entre eux seulement se sont vu proposer des investissements ISR. La raison ? Peu d’acteurs bancaires et de sociétés d’assurances proposent d’investir dans des fonds ISR. Leur offre, même si elle existe, est rarement mise en exergue parmi les dizaines de fonds proposés…

À l’heure où les sommets et les conférences pour la planète et la finance verte se succèdent, à l’échelle internationale ou européenne, multipliant les promesses et les déclarations, gageons que le citoyen saura agir et choisir.